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28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 06:59
J'ai lu "Plonger" de Christophe Ono-Dit-Biot

Le lecteur apprend dès la première page que le narrateur a perdu sa femme, retrouvée morte sur la plage d'un pays arabe. Que s'est-il donc passé ? César va remonter le fil du temps pour raconter à son fils Hector l'amour passionnel qu'il a vécu avec sa mère.

Paz est une photographe talentueuse et en passe de devenir connue lorsque son chemin croise celui de César, journaliste. Très attiré par la belle Espagnole, ce dernier parvient à retrouver sa trace, se rend à l'une de ses expositions et achète l'une de ses photos. Il publie ensuite un article élogieux à son endroit mais, contre toute attente, l'artiste lui adresse une lettre de mécontentement : Vous n'avez rien compris à mon travail mais votre texte était beau. Si vous êtes l'homme élégant qui a acheté ma photo, il me semble indispensable de corriger votre jugement qui me porte un grave préjudice artistique.

Malgré cette première approche quelque peu déstabilisante, suivie d'une entrevue assez houleuse, César finit par séduire la jeune femme. Les amants vivent durant deux années un amour sans faille avant de connaître leurs premiers différents : Paz ne rêve que de contrées lointaines alors que César, fatigué de parcourir le monde et de côtoyer la misère, aspire à une vie empreinte de tranquillité. Son regard s'était chargé de nuages. Je commençais à découvrir l'un de ses traits de caractère : l'instabilité d'humeur. Elle passait d'un état émotionnel à un autre avec une rapidité confondante. Cela devait l'aider dans sa vie d'artiste, mais dans la vie conjugale, cela donnait au partenaire l'impression de s'initier au rodéo.

Lors d'une exposition internationale à Venise rassemblant les artistes les plus en vu dont Paz fait désormais partie, les relations entre le couple s'enveniment. Mal dans sa peau et lassée par l'environnement artificiel dans lequel elle évolue, la photographe s'éclipse sans rien dire pour se réfugier... dans le ventre d'une baleine, oeuvre d'un sculpteur présent à l'exposition. César finit par la retrouver et la rejoint dans cet espace insolite. La fantastique sculpture est entourée d'une clôture métallique, que j'enjambe. Mes pas s'enfoncent dans le sable.Il crisse. Je distingue maintenant parfaitement l'animal. Oeil ouvert sur sa tête colossale en forme de hache polie néolithique. Gueule ouverte aussi, rose, avec la mâchoire inférieure comme un clapet garnie de dents coniques. Des cicatrices plein le mufle, séquelles de ses combats abyssaux avec les calmars géants. Je repère l'ouverture ronde, un sas étanche comme dans les sous-marins. J'y glisse la clef pour déclencher le mécanisme d'ouverture et tourne délicatement le volet d'obturation. J'entre dans le ventre de la baleine.

Les incompréhensions dans le couple se multiplient : César veut devenir père, Paz n'a aucun désir de maternité, seul compte pour elle le requin qu'elle vient d'adopter ! Je ne sais pas comment cette idée avait pris racine en elle. Au point de l'obséder. Je ne sais pas d'où surgissait cette subite passion pour les squales. Et lorsqu'elle se retrouve enceinte, contre sa volonté, sa passion pour les requins s'amplifie. J'ai découvert que Paz surfait depuis des mois sur des sites consacrés au système de reproduction des requins. Au lieu de savoir comment son foetus à elle se portait, comment il évoluait, elle se promenait quotidiennement sur vingtmilleoeufssouslesmers.com, qui évoquait notamment, avec moult détails, le développement embryonnaire des squales et la différence entre les espèces ovipares, vivipares, et ovovivipares.

César sent que Paz lui échappe et broie du noir : Dans la sphère privée, je ne voyais que des gens qui se séparaient. Dans la sphère professionnelle, on s'entre-déchirait. Tout le monde avait peur. Les incertitudes financières, les climats perturbés - pluies torrentielles à Amman, Jordanie, ce matin encore - , les migrations de millions de pauvres hères dans lesquelles d'autres millions de gens voyaient un vol de criquets, une nouvelle plaie d'Egypte, n'arrangeaient rien à l'affaire. Il fallait cuirasser, jour après jour, coûte que coûte ses petits intérêts socio-économiques.

Un jour, Paz part pour une destination inconnue de César, qui reste seul avec leur enfant.

J'ai été happée par l'histoire et j'ai été conquise par les personnages. On suit avec intérêt l'évolution de ce couple puis l'enquête que mène César pour comprendre pourquoi la mère de son fils est partie et comment elle a pu perdre la vie. La fin m'a pourtant un peu déçue.

Le livre a reçu le Grand Prix du roman de l'Académie française et le prix Renaudot des lycéens.

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commentaires

Philippe D 01/02/2014 21:38

Je ne connais pas du tout mais il y a tellement de livres qui sortent en même temps qu'on ne peut pas tout connaitre.
Bon dimanche.

Nadine Groenecke 02/02/2014 08:37

Ah, si on avait plus de temps pour lire... et pour écrire ! Bon dimanche, Philippe.

Edmée De Xhavée 31/01/2014 13:31

Un roman qui me semble captiver dès le début, qui décrit une passion naissante qui pourtant ne détruit pas l'individu, et amorce la rencontre avec les divergences...

Nadine Groenecke 31/01/2014 20:32

L'histoire d'un amour passionnel qui se termine tragiquement.

Carine-Laure Desguin 29/01/2014 15:01

Un livre dont j'ai entendu parler. Je ne connais l'auteur que de nom, je n'ai rien lu de lui.

Nadine Groenecke 29/01/2014 18:47

Je l'ai découvert moi aussi, et apprécié. Bonne fin de semaine, Carine-Laure, et merci de ton passage.

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Biographie

Je suis née le 29 septembre 1963 dans l'ouest de la France, à Le Mazeau, petit village niché au coeur du Marais poitevin. En 1984, je quitte la Vendée pour rejoindre mon futur mari, alors militaire à Etain dans la Meuse et, en septembre, j'obtiens un poste d'enseignante en gestion administrative au lycée de la Doctrine Chrétienne à Verdun (aujourd'hui lycée Sainte-Anne). Mon premier fils naît dans la "Cité de la Paix" en 1988. Après un séjour de trois ans en Allemagne, à Friedrichshafen, retour à Verdun en 1992 où je réintègre mon poste d'enseignante l'année suivante, le temps de mettre au monde mon deuxième fils. C'est en 2004 que je m'essaie à l'écriture, le virus ne m'a plus quittée depuis ; je signe mon premier contrat quatre ans plus tard avec les éditions belges Chloé des Lys.

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